
En 60 ans, pas moins de 85 amendements ont été apportés à « la bible de la communauté aéronautique ». Objectif : offrir le maximum de fiabilité et de disponibilité possible.
Volume I- Aides radio à la navigation ;
Volume II- Procédures de télécommunication ;
Volume III- Systèmes de télécommunication ;
Volume IV- Systèmes radar de surveillance et système anti collision ;
Volume V- Emploi du spectre des radio fréquences aéronautiques.
Le groupe d’experts chargé de la révision de ces documents travaille au sein de la commission de la navigation aérienne de l’OACI et est à nos jours à sa 181ème session.
Le pas décisif de l’OACI vers des systèmes révolutionnaires Constatant la croissance régulière de l’aviation civile internationale, informé des prévisions de croissance du trafic et conscient de ce que de nouvelles technologies apparaissent à l’ horizon, le conseil de l’OACI se penche en 1983 sur les besoins futurs de la communauté de l’aviation civile. Voyant que les systèmes actuels avaient atteint leurs limites, le Conseil prend une importante décision, celle de créer le Comité spécial des futurs systèmes de navigation aérienne (FANS). Le Comité FANS est alors chargé d’étudier, et d’évaluer de nouvelles techniques, dont l’ utilisation des satellites et de faire des recommandations en vue du développement de la navigation aérienne.
Des travaux couronnés par un résultat élogieux Le Comité FANS constate qu’il serait nécessaire de mettre au point de nouveaux systèmes pour s’affranchir des limites des systèmes classiques.
Les futurs systèmes doivent pouvoir évoluer, de façon à coller davantage aux besoins des usagers. Le Comité FANS conclut que la technologie reposant sur les satellites offre une solution viable pour remédier aux carences des systèmes classiques basés au sol.
En juillet 1989, donnant suite à la recommandation du Comité FANS, le Conseil de l’OACI institue le Comité spécial chargé de surveiller et de coordonner le développement du futur système de navigation aérienne et la planification de la transition (FANS Phase II). Le Comité FANS Phase II achève ses travaux en octobre 1993 et le concept CNS/ATM fut approuvé lors de la 31ème session de l’Assemblée de l’OACI. A partir de cet instant, la Commission de la navigation aérienne se voit investie d’une lourde responsabilité, celle d’élaborer des normes et pratiques recommandées en vue de l’utilisation du nouveau système de navigation basé sur les satellites.
L’OACI, en oeuvrant pour une uniformisation de la mise en oeuvre du Système Mondial de Navigation par Satellite (GNSS), préconise une planification régionale à travers laquelle les groupes régionaux (PIRG)
devront définir leurs besoins propres. A cet effet, l’OACI invite instamment les Etats à mettre en place des comités nationaux de coordination et de mise en œuvre du CNS/ATM, avec un point focal qu’ils feront connaître au bureau régional de l’OACI concerné.
Les différents groupes régionaux reconnus par l’OACI ne connaissent pas à ce jour, le même niveau de mise en œuvre du GNSS. Si le Groupe Régional AFI de Planification et de Mise en œuvre (APIRG) auquel appartient le Cameroun, présente encore beaucoup de carences dans la transition vers le nouveau système, certains groupes connaissent des avancées significatives.
C’est ainsi que les groupes APANPIRG (Asie / Pacifique), NAT SPG (Atlantique Nord) et NAMPG (Amérique du Nord) tirent déjà des bénéfices du nouveau système : l’Australie a procédé au déploiement des stations sol du système de surveillance Dépendante Automatique en mode Diffusion (ADS-B) qui est définit comme une technique de surveillance dans le cadre de laquelle les aéronefs transmettent automatiquement, sur liaison de données en mode diffusion, des données fournies par les systèmes embarqués de navigation et de détermination de la position, et comprenant l’identification de l’aéronef, la position en quatre dimensions ainsi que d’autres données.
Par ce déploiement, l’Australie entend assurer la couverture nationale complète de son espace aérien. Ce système qui offre les mêmes services que le radar classique, pro cure des avantages en terme de coût d’installation et de maintenance.
Les réalisations du Cameroun
Conscient de ce que le succès de la mise en œuvre mondiale de la navigation par satellite dépend de l’existence d’une base de données des coordonnées géodésiques (WG S-84), le Cameroun a entrepris depuis l’année 2000 la constitution de cette base de données dont la mise à jour se veut permanente. Une Commission nationale chargée de la coordination et de la mise en œuvre du CNS/ATM est créée en 2006.
En marge des travaux de l’APIRG-14 tenus à Yaoundé en 2003, des démonstrations sont conduites par l’avion Labo de l’ASECNA à travers le déploiement au sol de RIM portatif ( composante du système EGNOS), en vue d’effectuer des approches avec guidage vertical de catégorie I (APV- I).
Des procédures d’arrivée RNAV (GNSS) des trois aéroports internationaux on été élaborées.Les nouveaux systèmes ainsi mis en œuvre devraient procurer des économies de temps aux passagers, améliorer la sécurité, apporter des avantages environnementaux. Ceci est un défi que l’OACI est déjà en passe de remporter.
Robert NGONGANG