

Le Cameroun a organisé par le biais de l'autorité, Aéronautique, un exercice de crise de sureté de l'aviation civile dénommé " Wouri 1 " C'était le jeudi 31 juillet Q008 à l'aéroport international de, Douala.
Cette simulation grandeur nature intervenait un an après celle qui avait été organisée à l'aéroport international de Yaoundé-Nsimalen, le 31 mai 2007. Les actes criminels perpétrés à New York le 11 septembre 2001 ont montré que l'emploi d'aéronefs civils utilisés comme "arme de destruction massive" est désormais une réalité, qui peut constituer une grave menace pour un pays et sa population.
Les États se doivent en conséquence d'adopter des mesures adéquates et proportionnées afin d'assurer la protection des personnes et des biens, car force est de constater que plus aucun pays n'est à l'abri de ce type d'attaque. Le Cameroun pour sa part, à travers le décret N° 2004/184 du 13 juillet 2004 portant définition et organisation du Programme National de Sûreté de l'aviation civile (PNS), s'est doté d'un dispositif adéquat qui lui permet d'assurer une veille permanente en matière de sûreté de l'aviation civile. L'objectif du Programme National de Sûreté de l'aviation civile, étant de protéger la sécurité, la régularité et l'efficacité de l'aviation civile au Cameroun en fournissant au moyen de règlements, d'usages et de procédures, la protection nécessaire contre les actes d'intervention illicite.
Le film des événements.
L'exercice de crise de sûreté proprement dit commence par l'explosion d'une bombe au poste d'inspection/filtrage. Les preneurs d'otages profitent de la situation de confusion et de panique créée par cet attentat, pour se diriger vers la salle d'embarquement où se trouvaient déjà quelques passagers. Présents dans l'aérogare, les accompagnant et les familles qui ont entendu l'explosion et les cris provenant du poste d'inspection/filtrage commencent à s'inquiéter et cherchent à obtenir des informations sur leurs proches. Très vite, les autorités compétentes en matière de gestion des crises de sûreté de l'aviation civile, avec à leur tête le Gouverneur de la province du Littoral prennent possession des lieux, afin de gérer, ce qui a tout l'air d'être une prise d'otages.
Du côté des terroristes, la tension monte, car parmi les otages se trouve une femme enceinte qui, du fait de la panique, demande aux preneurs d'otages de la libérer, de peur qu'elle ne soit victime d'une fausse couche.
Une fois le contact établi avec l'équipe de gestion de crise, le chef des preneurs d'otages exige que des bouteilles d'eau leur soient livrées en échange de la libération de la femme enceinte. Mais en plus de l'eau, les terroristes demandent à être interviewés par un journaliste et un cameraman afin de rendre publiques l'ensemble de leurs revendications.
Ayant pris connaissance des exigences des preneurs d'otages, l'équipe de gestion de crise décide de gagner du temps. Les terroristes recevront de l'eau comme convenu et la femme enceinte sera libérée. Mais pour l'interview, ils devront encore attendre. Excédé par le délai d'attente que lui impose l'équipe de gestion de crise, le chef des preneurs d'otages ordonne que la bombe dissimulée dans la centrale électrique explose. Question de montrer et de faire savoir à ses interlocuteurs toute la détermination qui l'habite.
L'équipe de gestion de crise répond à cet attentat en autorisant un journaliste et un cameraman de réaliser cette interview. Mais avant cela, l'équipe de gestion de crise fait savoir aux preneurs d'otages que l'interview ne sera possible que si ces derniers relâchent tous les otages de sexe féminin qu'ils détiennent. Ce que les terroristes acceptent, sans doute, exténués par les techniques de négociation utilisées par l'équipe de gestion de crise.
Plusieurs minutes après avoir été interviewé, le chef des preneurs d'otages observe qu'aucune des revendications rendues publiques n'est satisfaite. Il fait alors savoir à l'équipe de gestion de crise que si le statu quo demeure, un otage sera abattu toutes les trente minutes. Pour donner l'exemple, il tire à bout portant sur un passager cardiaque, qui décède.
Le temps de la riposte
À la vue de la tournure que prennent les événements, l'équipe de gestion de crise adopte la solution d'une intervention armée, non sans avoir au préalable rassuré les preneurs d'otages quant à la satisfaction immédiate de leurs exigences. Le feu vert est donné pour l'intervention armée, qui connaîtra une fin relativement heureuse, car l'ensemble des terroristes est neutralisé, bien qu'il y ait eu des pertes en vies humaines du côté des otages.
C'est l'heure du débriefing. Toutes les parties prenantes à l'exercice de crise de sûreté se sont ensuite retrouvées pour une séance d'évaluation à chaud de l'exercice. Au cours de cette réunion d'échanges, Faï Yango Francis, le Gouverneur de la province du Littoral a tenu à exprimer sa satisfaction à l'endroit des participants et des organisateurs qui n'ont ménagé aucun effort pour la réussite de cet exercice de crise de sûreté de l'aviation civile. Le Directeur Général de l'Autorité Aéronautique, Ignatius Sama Juma a abondé dans le même sens.
Marc Olivier Mamah