Espace

Information

Le fret aérien pour la relance de Bafoussam - Bamougoum

fret_arienPour explorer de nouvelles possibilités d'exploitation des aéroports nationaux, le cas de Bafoussam-Bamougoum comme aéroport consacré au fret se révèle un champ d'expérimentation en la matière ... Réflexion

Conscient de la pérennisation des investissements effectués par les pouvoirs publics pour la construction des aéroports nationaux ces vingt dernières années, la Cameroon Civil Aviation Authority a entrepris de réhabiliter ces infrastructures par des travaux entrepris en 2001 pour mettre aux normes l'aéroport de Bafoussam-Bamougoum. Ils se sont poursuivis avec Tiko, Mamfe, Batouri, Kribi et Koutaba en attendant d'étendre l'opération à toutes les autres plateformes.

L'aéroport de Bafoussam-Bamougoum souffre d'une absence de trafic due essentiellement à la très difficile conjoncture économique qui a frappé le Cameroun, au coût élevé du transport aérien et à la précarité de la compagnie nationale de transport aérien, seule capable d'assurer une desserte régulière des aéroports nationaux.

Face à ce constat, et pour ne pas laisser tomber en désuétude de telles installations, d'autres possibilités d'exploitation sont envisageables.

Considéré comme trait d'union entre les provinces du Sud Ouest, du Littoral, du Centre, et le Grand Nord du Cameroun, l'aéroport de Bafoussam-Bamougoum peut jouer un rôle majeur pour le déplacement des populations entre ces différentes parties du pays et contribuer à la promotion des activités touristiques dont la contribution pour le développement de l'économie nationale est indéniable.

A cause de l'arrêt des activités de Cameroon ° airlines à l'aéroport de Bafoussam- Bamougoum en 2003, les populations se sont détournées du transport aérien et utilisent davantage le transport par voie de surface au coût plus accessible. Il en résulte que les efforts en vue de promouvoir le tourisme par voie aérienne se heurtent à l'obstacle du développement du transport routier qui a largement pris le pas sur le transport aérien. Le relatif bon état des routes entre les principales villes du Cameroun et la capitale provinciale de l'Ouest contribue à détourner l'attention des populations pour ce mode de transport. Malgré quelques statistiques encourageantes relevées entre 2002 et 2006, des efforts d'incitation restent toujours attendus pour espérer renverser avantageusement la tendance actuelle.

L'un des facteurs qui pourrait y contribuer, c'est l'intense activité culturelle qui se déroule entre les mois de novembre et avril de chaque année dans l'ensemble de la Province de l'Ouest. En effet au cours de cette période, de nombreuses manifestations sont organisées dans le cadre des funérailles autour des chefferies traditionnelles et dans les concessions des notables nantis et influents. Des palais laissent ainsi découvrir au public les riches trésors de l'authenticité négro africaine dont ils sont les dépositaires, à travers des danses initiatiques et autres cérémonies rituelles où se côtoient masques, instruments chamarrés, costumes et attributs bigarrés qui feraient la joie des touristes avides d'images à sensation.

L'on peut ajouter à ce riche patrimoine, de nombreux sites touristiques dont regorgent l'Ouest pour concevoir des circuits dignes de satisfaire le plus exigeant des candidats à l'évasion.

L'Ouest se présente également comme le grenier du Cameroun, ce qui justifie l'intense activité autour des marchés de ses unités administratives dont les producteurs, les ache-teurs et les transporteurs devraient être sensibilisés sur les avantages que leur offre le transport aérien pour une meilleure rentabilité de leurs activités.

Au regard de la fréquence des camions qui partent régulière ment de l'Ouest chargés de vivres en direction du Littoral, du Nord, du Centre, du Sud et au-delà des ffrontières (Gabon, Guinée Equatoriale, Tchad, RCA), et compte tenu des désagré ments de toutes sortes qu'ils rencontrent tout au long du parcours, l'on est fondé de proposer l'alter native plus fiable, sécuritaire et rapide qu'offre l'utilisation de la plate-forme de Bafoussam Bamougoum pour l'expédition par voie aérienne de ces marchandises.

Avec la reprise des vols observée sur les aéroports nationaux par les compagnies aériennes privées de transport aérien ces derniers temps, la sensibilisation devrait consister à les convaincre d'exploiter cette nouvelle destination en y offrant des services susceptibles de combler les attentes des opérateurs économiques et plus largement celles des populations. Dans le même temps, des mesures incitatives basées sur les taux de redevances et taxes revus à la baisse leur seraient proposées pour les encourager à fréquenter l'aéroport à moindre coût.

L'aéroport de Bafoussam-Bamougoum se trouverait ainsi totalement dédié au fret. Et compte tenu du faible trafic enregistré jusqu'ici, il serait libre de tout encombrement : les compagnies bénéficieront d'économies substantielles de temps de vol, d'un service immédiat dès l'arrivée de l'appareil qui leur permettront de respecter les horaires

Manfred Josué Ngom
Représentant de la CCAA à l'aéroport de Bafoussam-Bamougoum