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Aéroport international de Douala : les installations envahies par les riverains

Le phénomène couvre une superficie de près de 400 hectares. Malgré les dangers, les populations continuent de s'installer et sont aujourd'hui plus de 100 000.

En 1998, un homme est écrasé par un avion de la compagnie Air Ivoire, alors qu'il essayait de traverser la piste de l'aéroport international de Douala. Quelques temps plus tôt, ce sont les corps inanimés de deux adolescents qui sont retrouvés dans les loges des trains d'atterrissage d'un avion de la compagnie Air France. On ne compte pas les agressions dont sont victimes les passagers, proies désignées de faux porteurs, sans compter les accidents que peuvent causer les troupeaux d'animaux constamment en divagation sur certaines zones de l'aéroport. En plus de cela, la construction des maisons avec cuisine à feu de bois aux abords de l'aéroport et parfois à proximité des dépôts pétroliers pourraient provoquer des incidents redoutables. 95 % d'accidents d'avion ont en effet lieu sur les aéroports lorsque les avions amorcent leurs phases critiques de décollage ou d'atterrissage.

Des exemples qui relèvent le danger que cause la proximité des hommes et des animaux avec les installations de nos aéroports en général et celui de Douala en particulier, sont légion. Bien qu'ayant débuté dans les années quarante, l'envahissement du site aéroportuaire de Douala a pris de l'ampleur au début des années 1990.

Cet envahissement concerne aujourd'hui, les quartiers Newton Aéroport, la Cité Berge, le quartier Bafia, le marché " Non Glacé " et Bonapriso au niveau des bâtiments de l'ancienne météo. Ce phénomène couvre aujourd'hui une superficie de près de 400 hectares soit 1/3 de la superficie totale de l'aéroport.

Début de solution

Face à cette situation, quelques actions administratives ont été menées. La société Aéroport du Cameroun, gestionnaire de la plate forme depuis 1994, a saisi l'administration en 1998 en vue de la sensibilisation de l'état sur les dangers que représente le phénomène d'envahissement et des entraves que cela pourrait engendrer sur la gestion de l'aéroport notamment l'insécurité et le frein au développement du site aéroportuaire. Ce qui a abouti en 1999 à la signature d'un arrêté Préfectoral portant recensement et déguerpissement des occupants illégaux. Le recensement effectué à cet effet a fait état de 6500 maisons avec une démographie de huit (8) têtes par maison.

Rendu à la date d'aujourd'hui, cette population est estimée à plus de cent mille (100 000) individus. Saisi également de ce problème, l'Autorité Aéronautique, a commis une étude d'impact socio économique et environnementale en vue d'évaluer le coût du déguerpissement de ces populations et la construction d'une clôture aéroportuaire sur financement de la Banque Mondiale. L'Autorité Aéronautique et les experts de la Banque Mondiale, sont en ce moment dans la phase de finalisation de ce projet qui aboutira à la construction des clôtures aux aéroports internationaux de Douala et de Yaoundé Nsimalen. En plus de cela, des mesures provisoires sont prises dans le but de limiter ce phénomène. Le délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Douala, est régulièrement saisi dans le but de faire déguerpir les populations situées dans les zones sensibles en attendant l'aboutissement du projet de construction de la clôture.

Aline ANTANGANA KOUNA