
Stratégies et perspectives pour un développement durable du transport aérien au Cameroun se résument en la poursuite de la mise en oeuvre des réformes si heureusement engagées dans ce secteur.
Les changements intervenus dans le secteur du transport aérien ont suscité beaucoup d'attention de la part d'un certain nombre d'opérateurs économiques, longtemps restés en observateurs curieux devant les nouvelles opportunités offertes par la libéralisation des services aériens au Cameroun. Dix années après cette démarche, les décideurs politiques et les opérateurs économiques se posent la question : pourquoi l'industrie du transport aérien tarde à décoller véritablement au Cameroun et quelles mesures prendre pour un développement durable du transport aérien au Cameroun ?
La question demeure assez pertinente et pour y répondre, elle nécessite beaucoup de recul car la libéralisation du transport aérien est un phénomène mondial incontournable dont les résultats dépassent toute attente selon les régions. Les paramètres sont plus ou moins les mêmes mais ce qui importe le plus est le degré d'implication des acteurs (l'Etat et les opérateurs). Sans être exhaustives, certaines actions devraient être prises par l'acteur principal l'Etat, afin de mener à terme la démarche en vue de la mise en place d'un environnement propice au développement de l'industrie du transport aérien au Cameroun.
L'Etat devrait poursuivre la mise en oeuvre des réformes engagées dans ce secteur par un certain nombre d'actions concrètes. Notamment la mise en ceuvre d'un plan d'action impliquant toutes les administrations, permettant le relèvement du niveau de sûreté sur les plates formes aéroportuaires et encourageant les opérateurs du secteur ; la suppression sur les aéroports du timbre d'aéroport, facteur limitant la croissance du trafic et décourageant les touristes ; la suppression de la T.V.A. sur les titres de transport émis sur la desserte domestique ; l'allègement de certaines redevances aéronautiques pour les entreprises opérant sur les lignes intérieures ; l'exonération de l'impôt sur les sociétés concernant les compagnies aériennes de droit camerounais pendant leur phase d'implantation ; la recherche des appuis et financements en vue de la réhabilitation des infrastructures et équipements des aéroports, leur permettant d'accueillir plus d'aéronefs et donc accroître leur trafic ; la révision à la baisse du coût du carburant afin d'encourager les compagnies aériennes étrangères à fréquenter régulièrement les aéroports internationaux du Cameroun ; l'allègement des conditions d'obtention des visas dans les représentations diplomatiques du Cameroun à l'étranger et dans celles des pays amis du Cameroun ; la limitation du rôle de l'Etat à la réglementation, au contrôle de l'exploitation, à l'appui ou la recherche des financements du secteur, aux aides exceptionnelles, à la supervision constante de la sûreté et de la sécurité ; la mise en place des mécanismes institutionnels définissant les conditions d'exercice des missions de service public par les compagnies aériennes ; la participation des collectivités locales à la gestion commerciale des aéroports secondaires non concédés ; et la remise à niveau des consommations de l'Etat relatives au voyage aérien des fonctionnaires.
Dans cette perspective, les compagnies aériennes pourraient être mieux encouragées à saisir les nouvelles opportunités et adopter des stratégies idoines leur permettant de demeurer compétitives.
Pascal BESSAGA NGA