
Le Cameroun a toujours placé le transport aérien au centre de sa politique d'aménagement du territoire. La politique camerounaise d'aménagement du territoire repose depuis les premières années de l'indépendance sur la mise en place de politiques publiques dans différents domaines d'activités, afin de lutter contre la surconcentration de Yaoundé et de Douala et obtenir un développement équilibré du territoire
Le transport aérien a été utilisé au Cameroun comme un outil de la politique d'aménagement du territoire. Les pouvoirs publics ont soutenu la compagnie aérienne nationale (Camair) et créé à travers le pays des infrastructures aéroportuaires. Ce qui a permis à cette compagnie de desservir toutes les provinces du Cameroun. Chaque province était reliée à la capitale politique par au moins un vol hebdomadaire. Cette plate forme de Yaoundé jouait ainsi le rôle d'un véritable hub national, facilitant et améliorant les déplacements des populations et contribuant au désenclavement des provinces du Cameroun.
Avec la libéralisation du secteur aérien au Cameroun et les difficultés que vont connaître la Camair, cette belle aventure d'aménagement du territoire a pris du plomb dans l'aile. Le Nord du pays apparaît désormais comme un territoire d'outre mer du Cameroun, et le voyage dans la province de l'est donne des cauchemars aux voyageurs. Les différentes infrastructures aéroportuaires réparties à travers le pays tombent en ruine tout en constituant des gouffres financiers pour l'autorité de l'aviation civile.
Il convient alors, pour que le transport aérien continue de jouer son rôle de vecteur du développement du pays, de lui reconnaître sa mission de service public, qui commande de mettre en synergie tous les acteurs intervenant dans l'aménagement du territoire et le développement économique (État, Collectivités locales, Chambre de Commerce et opérateurs économiques), afin de trouver des solutions idoines alliant nécessité du service public et rentabilité des compagnies aériennes du réseau domestique. Et à ce titre, la CCAA a, ou plutôt se doit de jouer l'important rôle de catalyseur. N'est ce pas là aussi de manière sous-jacente un pan important de sa raison d'être ?
Joël Patrick ETOGO