
Mis à mal ces dernières années par les actes de terrorisme perpétrés ça et là, le développement économique du transport aérien reprend du poil de la bête grâce au renforcement des mesures de sûreté et de sécurité sur les aéroports.
Lorsqu'on entre dans un aéroport, les termes sûreté, sécurité et contrôle, prennent un sens particulier. Le transport aérien se présente de nos jours comme la cible privilégiée des terroristes. Pour lutter contre cette menace sans cesse croissante, un ensemble de dispositifs de sûreté est mis en place dans les aéroports. Avant d'aborder les détails de ce dispositif dans la prochaine parution de votre magazine, nous nous proposons de présenter le transport aérien avant et après les premiers actes d'intervention illicite, la sûreté comme un des maillons du développement du transport aérien. Avant les premiers actes d'intervention illicites, l'aéroport pouvait être comparé à une gare routière où les plus fortunés se faisaient accompagner jusqu'à l'intérieur de l'avion, ou alors se recréaient à côté de l'avion avant l'embarquement.
L'avion étant le moyen le plus rapide et le plus sûr à l'époque, ne présentait aucune menace volontaire ni à l'encontre des usagers de l'aéronef, ni pour l'environnement de celui-ci. L'avion faisait ainsi office de «taxi » pour les agriculteurs, les géographes, et ouvrit la voie à l'aéropostale pour la poste, où s'illustrèrent notamment les pilotes comme Jean Mermoz et Antoine de St Exupery. Dans les années 1930/1931, le premier détournement d'avion au Pérou eut pour objectif de distribuer des tracts. Ce qui non seulement eut une faible portée médiatique, mais aussi n'eut aucune répercussion politique. Et aucune mesure internationale ne fut prise. Après la seconde guerre mondiale, ayant constaté que l'avion pouvait aider à faire autre chose que la guerre, la voie du transport de masse fut ouverte.
Les États Unis convoquèrent le 07 décembre 1944 une conférence diplomatique internationale dont l'un des points focaux fut la normalisation de l'utilisation de l'avion.Au terme de ladite conférence, l'OACI vit le jour.Malgré les efforts qu'apportait cette organisation pour développer et accroître le transport aérien, une autre forme de piraterie aérienne à action pacifique, sans danger pour les passagers, l'équipage et l'environnement s'est développée afin de fuir les régimes autocratiques et demander l'asile (Cuba, URSS, Corée).
De 1968 à nos jours, et principalement le 11 septembre 2001, le vrai terrorisme a pris de l'ampleur. L'avion plus rapide et sûr jadis, est devenu une arme meurtrière. Cette situation qui culmine le 11 septembre 2001 aux Etats-Unis d'Amérique affecte le transport aérien dans sa partie la plus sensible. La côte des hommes d'affaires, des touristes, des matériels divers, en matière de transport aérien baisse sensiblement. Le transport aérien commence à perdre sa crédibilité, et l'économie mondiale prend un sérieux coup. Compte tenu ce cette avancée phénoménale du terrorisme et son impact sur le développement du transport aérien, l'OACI a convoqué les 19 et 20 février 2002 une conférence internationale de haut niveau. Le Conseil de l'OACI a créé un Programme Universel des Audits de Supervision de Sûreté dans chaque État.
L'Autorité Aéronautique ayant reçu la première mission d'évaluation des mesures de sûreté à l'aéroport international de Douala en février 2004, tous les plans d'action de la CCAA, concourent à palier les carences relevées. Des équipements très,onéreux et performants à l'instar des détecteurs d'explosifs sont venus compléter les équipements de sûreté existants dans nos principaux aéroport ; les textes de sûreté , le PNS , sont adoptés, des procédures d'exploitation établies. Les compagnies aériennes, et agents de sûreté (Police, Douane, Gendarmerie) des aéroports) ont accru la vigilance, allant de l'enregistrement du passager et des bagages jusqu'à l'embarquement et le décollage. En somme, aucun État, aucun homme d'affaire, aucune compagnie aérienne ne peut investir dans l'aviation, sachant que son aéronef pourra être la cible des terroristes d'où la nécessité de conclure que pas de sûreté pas de développement économique durable du transport aérien.
Justin TADIESSE SIMO