
Quoi qu'étant un levier certain de développement économique, le transport aérien inquiète encore quant à sa capacité à contribuer efficacement au développement durable et à la protection de la nature.
Le développement des techniques et des réseaux a permis à la fois de développer et d'accélérer la mobilité, et de démocratiser l'accès au transport. Au cours des quarante dernières années, le transport aérien notamment, a largement favorisé les échanges internationaux et les circulations intérieures. Il permet actuellement le déplacement des personnes et des marchandises sur de grandes distances en un temps record et fait désormais partie intégrante de nos sociétés.
A l'échelle planétaire, l'émission directe de gaz à effet de serre à savoir, le dioxyde de carbone (C02), les oxydes d'azote (NOx), les hydrocarbures imbrûlés (HC) et les particules par les aéronefs contribue à accroître le réchauffement climatique. Ces gaz à effet de serre ont également des impacts très négatifs sur la santé humaine et sont responsables de nombreuses infections respiratoires, de nombreuses formes d'asthme et du développement de certains cancers. La convention des Nations Unies de Rio de Janeiro de 1992 (Agenda 21; relatif au développement durable) et le Protocole de Kyoto de 2000 témoignent de l'importance de ce phénomène.
Au niveau local, au voisinage immédiat des aéroports, les préoccupations se concentrent sur les effets sanitaires et environnementaux des nuisances sonores. L'industrie du transport aérien a déjà accompli des progrès techniques non négligeables, par la réduction des nuisances sonores et l'accroissement de l'efficacité énergétique des avions, évaluée à 2 ou 3 % par an depuis 1970, induisant une diminution relative des émissions de gaz à effet de serre et des pollutions.
Pour réduire davantage ces impacts, différentes réponses sont envisagées. A l'instar, du système de taxation (sur le carburant) des nuisances sonores, ce qui aurait pour conséquence d'augmenter le prix des billets et d'infléchir ainsi l'accroissement du trafic aérien. De nombreux acteurs économiques et les compagnies aériennes s'y opposent. Ces dernières quant à elles mettent en avant l'effort de renouvellement des flottes et préconisent un système d'échange de quotas d'émission régulé par un marché mondial. Plus largement, c'est la place même des transports dans la société qui interroge tous les acteurs. Le trafic aérien au Cameroun n'est pas encore assez important pour générer une pollution environnementale remarquable. Mais sa vitesse d'accroissement nous impose d'être vigilants et avant gardistes en adoptant des logiques économiques, sociales et culturelles qui encouragent les évolutions techniques ou opérationnelles protégeant mieux les générations futures de toutes les pollutions.
Brice OKOUMOU