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Lieutenant colonel Mathieu MBATCHOU :"Les compagnies aériennes et les agences de voyages doivent sensibiliser les passagers aux mesures de sûreté"

colonel-mbatDepuis la fin de l'année 2004, des structures de sûreté ont été mises en place dans les aéroports internationaux de Douala et Yaoundé-Nsimalen. Le Lieutenant Colonel Mathieu MBATCHOU, ancien pilote instructeur de l'armée de l'air camerounaise, a été installé le 29 mars 2005 comme chef de structure sûreté de l'aéroport international de Douala. Dans l'entretien qui va suivre, il nous parle de cette fonction à la fois difficile et délicate qui consiste à assurer la sûreté dans un aéroport international.

Quelles sont les missions d'un Chef AVSEC ?

Lt-Colonel Mathieu Mbatchou: La mission essentielle du chef AVSEC ou chef de structure sûreté, consiste à garantir un climat de sécurité au sein d'un aéroport. Ses fonctions découlent d'une norme appelée la norme 3.2.2. Il est question de veiller et de mettre en œuvre les mesures nécessaires de sûreté sur un aéroport.

Cette régulation nécessite-t-elle des compétences particulières sur le plan professionnel ou humain ?

Lt-Colonel M: Évidemment ! Cette responsabilité exige au moins deux niveaux. Sur le plan professionnel, il est question d'acquérir le maximum de connaissances techniques en matière de sûreté et d'exploitation d'aéroport. Sur le plan humain, la maîtrise des ressources humaines. Vous savez que l'homme est un sujet assez délicat à gérer, quand bien même vous travaillez pour sa survie.

Nous supposons qu'exercer une tâche novatrice et de coordination entraîne des incompréhensions et des soucis particuliers. Le fait d'être pionnier dans le domaine de la sûreté dans les aéroports vous a -t-il causé quelques ennuis ?

Lt-Colonel M: Ennuis, peut-être pas, mais comme vous le dites, des incompréhensions dans le cadre des missions précises. C'est le cas lors de ma première mission qui a consisté à faire l'état des lieux et créer un climat favorable pour une meilleure coopération de toutes les administrations en charge de la sûreté. Il fallait faire atténuer le contentieux né du bicéphalisme ADC/CCAA sur l'aéroport. Vous imaginez la somme des incompréhensions que peut susciter une telle initiative. Aujourd'hui par exemple, je me retrouve quelque peu mal loti depuis mon installation. Mais je crois que ce sont les aléas de ce que vous avez appelé " être pionnier ".

Après trois années de services, dans un climat de défis et de mutations permanentes sur le plan international, quel bilan faites-vous de votre action à la tête de ce service ?

Lt-Colonel M : Ces défis et mutations ont été justement au cœur de plusieurs reformes. Sur le plan administratif, je citerai le Comité de Sûreté d'aéroport qui a été relancé et dont j'assure le secrétariat. Nous coordonnons la rédaction du Programme de Sûreté de l'aéroport (PSA). Sur le plan organisationnel, nous avons institué et imposé l'utilisation des étiquettes de sûreté sur les bagages de soute, nous avons ré instauré la confection et le port de badges de sûreté.

Cette année a été l'occasion pour nous de réaliser la fabrication des macarons pour véhicules afin de faciliter le travail des gendarmes. Sur le plan managérial, nous pouvons citer les nombreuses formations en sûreté suivies à l'étranger et au Cameroun à l'instar de la formation d'instructeur AVSEC spécialisé dans les questions de contrôle de qualité. Des formations ont été également organisées en faveur des personnels de sûreté (gendarmerie, police, douanes) et de quelques agents des compagnies aériennes. Enfin, le contrôle de certains accès en zone réservée a été renforcé par le recrutement d'agents de sécurité d'une société de la place.

Nous croyons que toutes ces actions coordonnées par la Direction Générale de la CCAA, ont véritablement contribué à l'installation d'un climat de sérénité au sein du Comité de Sûreté de l'aéroport.

Auriez-vous des remarques ou des suggestions à faire pour l'amélioration des activités de votre structure de sûreté ?

Lt-Colonel M:. Je pourrai me limiter à lancer un appel à l'endroit des partenaires de la plate forme aéroportuaire. La sensibilisation des voyageurs camerounais reste une chose très difficile. Vous savez chez nous, tout le monde est important. Sur un tout autre plan, il est essentiel que les compagnies et agences de voyage puissent servir de relais auprès de leurs clients afin d'informer sur les nouvelles règlementations. Enfin, nous attirerons l'attention sur l'anarchie observée dans la circulation au sein de l'aérogare et sur le manque de clôture autour de la grande partie de l'aéroport. C'est pour moi un vrai sujet de préoccupation.

Et qu'en pense la hiérarchie ?

Lt-Colonel M:Elle est déjà saisie du problème, et sans doute en a la même préoccupation. L'argent étant le nerf de la guerre, je pense que la recherche des moyens a quelque peu retardé les choses, et qu'elle (la hiérarchie) sifflera bientôt la fin de l'anarchie.

Joël WADEM
Journaliste
Chef de la cellule de communication CCAA