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Le facteur humain en aviation

djaLes multiples équipes qui opèrent sur les les aéroports dépendent l'une de l'autre pour leur sécurité.L'aéroport est un ensemble d'installations et de services situés dans une aire plus ou moins importante et dont le fonctionnement requiert une organisation si minutieuse qu'il serait maladroit pour l'ensemble du personnel qui y exerce diverses fonctions de ne pas tenir compte de la dépendance des uns et des autres. En effet, l'agent nouvellement recruté ou affecté sur une plate forme aéroportuaire doit, au moment de sa prise de service, bien appréhender l'objet de sa présence dans ce milieu où les mutations technologiques sont plus perceptibles qu'ailleurs. Il aura pour cela suivi en aval une formation qui lui permet de s'immerger aisément à la vie de la plateforme où le rôle de chacun est bien défini. On parle donc à ce sujet de stage d'immersion.

La démarche de la certification des aéroports qui n'a rien de volontaire, est une exigence réglementaire qui permet de bien définir les tâches de tous. C'est pour cette raison que le processus de la qualité commence par la certification de l'entité, une évaluation par rapport à un référentiel défini par l'organisation de l'aviation Civile Internationale (OACI). Dans ce contexte, le concept de facteur humain met en scène les conditions de travail, le poste de travail, l'environnement, le contenu du travail et son organisation. Les conditions de travail sur un aéroport varient en fonction de la taille de celui-ci, de la nature des activités exercées, de la fréquence du trafic et de la qualité des installations. En effet, selon que l'aéroport fonctionne vingt quatre heures sur 24, H13 ou H8, selon qu'il reçoit le trafic national ou international, le personnel, tout service confondu, subira des contraintes variables. Chaque poste de travail représentant une charge de travail spécifique exercée par un individu. Il s'agit du résultat de la mise en relation entre l'exigence des tâches effectuées à un moment donné et les conséquences de cette tâche qui se répercutent sur l'ensemble de l'aéroport.

Quant à l'environnement du travail, il varie selon les fonctions de chacun. Le contrôleur de tour qui reste enfermé durant de longues heures dans la vigie où il est en contact avec des aéronefs en survol et ceux qui se dirigent vers son terrain est différent du placeur qui n'attend que l'atterrissage d'un avion et sa direction vers le parking pour s'occuper De même, la perception des évènements varie d'un acteur à l'autre. Ainsi, l'agent des Aéroports du Cameroun (ADC) chargé de conduire la passerelle télescopique ne réagit pas de la même façon que le policier pour le traitement d'un même vol. Il en est de même du pompier d'aérodrome dont l'attention reste focalisée sur l'aéronef lors de son atterrissage, son ravitaillement ou pendant la phase de décollage, alors que le mécanicien au sol lui n'est concerné que par la maintenance de l'aéronef au sol. L`environnement est donc diversement perçu, certaines tâches étant plus stressantes que d'autres à cause de leur relation avec la charge de travail inhérente.

De façon subjective, chaque agent a tendance à accorder plus de valeur au contenu de son travail par rapport à celui d'autrui. Ce problème est heureusement résolu grâce à une description méthodique des tâches réparties par poste d'emploi. Ce document que certains nomment manuel d'aérodrome, d'autres manuel d'exploitation ou tout autre manuel où sont consignées les procédures ainsi établies, permettent à tous les intervenants de conjuguer leurs efforts pour une meilleure exploitation de l'aéroport.

La complexité croissante des tâches dans les aéroports commande une meilleure expertise des personnels par une solide formation de base, plus tard complétée par des stages réguliers de remise à niveau dont la planification garantit le maintien de la compétence du personnel pour éviter toute inadéquation entre le métier exercé et les mutations technologiques qui remettent en cause les idées reçues. Dans cette perspective, les décideurs doivent intégrer la formation continue dans les plans d'action des aéroports dont les responsables locaux sont les relais utiles. C'est à ce prix que l'objectif de l'OACI celui de doter l'aviation de demain d'un personnel qualifié sera atteint, pour un meilleur management de nos aéroports comme de tous les secteurs de l'aviation.

NGOM Manfred Josué
Représentant de la CCAA
Aéroport de Bafoussam Bamougoum