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Contrôle aérien : la qualité du service tributaire des facteurs humains

rh_controlOn observe dans le transport aérien international depuis quelques années un nombre croissant d'accidents/incidents d'aéronefs dont les causes sont liées aux facteurs humains. Les facteurs humains constituent de ce fait l'une des préoccupations majeures de l'organisation de l'aviation Civile Internationale (OACI) pour la sécurité de l'aviation civile internationale.

Dans ce contexte, il est difficile d'envisager une démarche qualitative dans le contrôle aérien sans une réflexion approfondie sur les problèmes que posent les facteurs humains, Ce faisant, il s'agit pour nous de montrer comment les possibilités et les limites humaines peuvent influencer l'exécution des tâches et partant, la sécurité du contrôle de la circulation aérienne. Car, il est évident que tant que l'être humain continuera de constituer la partie centrale du système aéronautique,ses capacités ses capacités et ses limites auront une incidence sur la sécurité du système. Engager une réflexion dans ce sens c'est s'intéresser aux êtres humains dans leur situation de vie personnelle et professionnelle et leur relation avec les machines,aux procédures et le milieux environnant,ainsi qu'à leurs relations avec autrui.

Des études menées par les chercheurs et spécialistes des facteurs humains, enquêteurs et analystes d'accidents et incidents, spécialistes du comportement humains et autres experts ont montré que « l'erreur humaine » est due en grande partie aux interactions humaines et les autres aspects du système à savoir : relations entre opérateurs humains et machines ; opérateurs humains et documents ; opérateurs humains et environnement, ainsi que la relation interpersonnelle, notamment entre collègues.

C'est ainsi que pour le cas des relations entre opérateurs et machines, il s'agit de veiller à l'organisation du poste de travail et l'aménagement des outils de travail en fonction des possibilités de l'homme. L'homme doit s'adapter aux exigences de l'évolution du trafic et des progrès technologiques.

Quant aux opérateurs humains et document s'agit de la relation qui existe entre l'être humain et les systèmes de soutien qu'il trouve en milieu de travail : les manuels d'exploitation, les procédures et d'autres documents connexes.Les opérateurs humains et environnements pour leur part permettent de s'interroger pour savoir quelle est la relation entre l'homme et l'environnement interne et externe.La relation interpersonnelle notamment entre collègues quant à elle commande d'analyser les facteurs humains dans le cadre de la démarche qualitative du service rendu en contrôle aérien afin de nous permettre de comprendre comment se forme l'erreur humaine du fait de l'homme avec ses variations de performance et ses limites. Dans ce sens, il est question d'examiner : l'influence des quatre éléments du modèle OACI sus cités sur les performances du contrôleur aérien et la prise en compte de ces éléments pour prévenir leur effet.

Le dispositif du modèle OAC indique alors que pour le cas du contrôleur humain), sa performance peut être affectée par des facteurs gênants liés à l'état général de l'individu (stress, l'ennui, la fatigue) ; des limitations physiques (la maladie, l'alcoolisme, tabagisme, drogue.. .) ; ainsi que des limitations intellectuelles (la formation, la qualification, l'expérience etc.). Quant aux causes liées à la machine, il est démontré que les inter action entre le contrôleur et le matériel, les équipements, les systèmes automatisés, l'informatique peuvent influencer ses capacités de traitement des informations, son temps de réaction, ses habitudes et sa charge de travail. La désuétude des documents aéronautiques peut également avoir des effets sur la qualité de service rendu. Par exemple, l'erreur humaine peut-être induite par la manière dont est présentée l'information écrite ou informatisée.

Il y a enfin les facteurs environnementaux qui peuvent : inciter à prendre des raccourcis par rapport aux procédures établies ; amener à fausser certaines décisions;ou créer des illusions susceptibles d'affecter l'affectation des situations. En conclusion, l'étude qualitative du service rendu en contrôle aérien exige une prise en compte des facteurs humains qui malheureusement constituent la source première de la non qualité. Le fait de limiter à assimiler des facteurs humains à "l'erreur humaine" voire à une performance humaine non optimale est insuffisant pour apprécier la qualité du service rendu en contrôle aérien.L'engagement dans une démarche qualitative suppose un certain nombre d'éléments, dont un état des lieux, un tableau de bord qui permettra de recueillir et d'analyser en temps réel les éléments préconisés dans le modèle de l'OACI.

Dès que ces questions seront bien comprises, maîtrisées et solutionnées, nous pourrons aspirer à un service qualité en contrôle aérien avec l'impératif de prendre en compte les facteurs humains.

Théodore Tchuisseu
Ingénieur de l'aviation civile Représentant de ASECNA Cameroun