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Le facteur humain : une réalité

La raison la plus rapidement évoquée dans la majorité des accidents est , nous le savons tous, l'erreur humaine ou tout simplement la faute professionnelle pour ceux qui n'hésitent pas à parler sans euphémisme.

Cette facilité à désigner un bouc émissaire résulte probablement du fait que dans la plupart des cas, les concernés, pilotes en général, sont soit morts, soit quasi incapables de se défendre du fait de leur état de faiblesse psychologique dû au conditionnement médiatique et à l'environnement hostile généré par le rapport de force défavorable entre constructeurs, exploitants et les individus qu'ils sont. Dans d'autres cas moins avouables, cela résulte tout simplement d'une solution de facilité traduisant l'incapacité des pays en charge d'établir les faits et leurs circonstances à la faire avec la compétence requise.

La qualité des hommes comme facteur de réussite de toute entreprise est donc non seulement essentielle mais indispensable, et cela à tous les niveaux. Cette qualité se déclinant en résumé en deux facteurs essentiels : la compétence professionnelle et la conscience éthique. Cette dernière étant inhérente à la nature profonde de l'individu, l'impact de la formation n'y est pas évident. Quant à la première, la compétence professionnelle, l'on peut affirmer sans trop de risques de se tromper que c'est le paramètre sur lequel l'on a le plus de possibilité d'action pour l'amélioration de la qualité des personnels. Cette amélioration devra être comprise de manière globale en tenant compte du potentiel de départ des personnes, et des qualités et adéquations de leur formation initiale et permanente.

Ceci étant dit, cela ne remet pas fondamentalement en cause la prépondérance des responsabilités individuelles et des erreurs individuelles plutôt que systémiques duns une large part des accidents d'aéronefs. Lune des raisons de ces erreurs étant le déficit de formation, à la base d'un niveau de compétence en décalage avec les fonctions, c'est l'occasion de rappeler que cette insuffisance très rapidement reprochée à l'individu est en fin de compte une faute du système, qui aura échoué à choisir les personnes adéquates et à leur fournir la formation requise.

Il opérait aussi clairement des organisations et du système, l'homme, le facteur humain comme on aime à le dire généralement, est un élément incontournable pour l'amélioration du niveau de sécurité des vols ; Compte tenu de son imbrication à tous les niveaux et dans les méandres du système. Si on pousse le raisonnement, c'est à la limite le facteur "total", étant à la base de la conception, de la mise en place et en œuvre du système. Étant acquis que le choix des hommes et la qualité de leur formation sont deux éléments essentiels de la sécurité, on pourrait illustrer notre propos par un exemple ou plutôt un contre exemple : la compagnie la plus performante d'Afrique et toutes celles qui ont pris le chemin de la performance et de la sécurité sont toutes adossées sur un centre de formation performant (Ethiopian, RAM, etc.).

C'est l'occasion pour souhaiter que la mise en place d'un centre de formation aéronautique de qualité par des privés camerounais soit un événement perçu par les uns et les autres à sa juste valeur et que les pouvoirs publiques et les intérêts privés qui comptent dans ce milieu lui apportent le soutien nécessaire à la réussite et à l'amélioration du facteur humain qui nous est si chère.

Marcel Ndoung
Pilote
Chef de Service des Licences CCAA