
A l'arrivée des multi moteurs modernes, le mécanicien navigant était indispensable dans le dispositif de navigation d'un avion. De nos jours, on apprend à se passer de ses services.
Le premier avion construit avec un poste de mécanicien navigant (MN) fut le Boeing 307, quadrimoteur pressurisé, dont le premier vol a eu lieu le 31 décembre 1938. A partir de cette date plusieurs avions construits étaient équipés d'un tableau de bord spécifique à la fonction du MN. Cette fonction était devenue une profession à part entière, sanctionnée par un Brevet.
L'arrivée des multi moteurs modernes, très sophistiqués, rendit le MN indispensable. Il disposait d'un tableau de bord qui présentait de nombreux paramètres et les réglages permanents des moteurs de plus en plus puissants, mais fragiles (moteurs sur compressés). Il assurait aussi la gestion des systèmes : pressurisation, climatisation, électricité, carburant, pneumatique, hydraulique ... en même temps qu'il effectuait la visite prévol extérieure et intérieure de l'avion, afin de contrôler son aptitude au vol, plus particulièrement du côté des systèmes, y compris les commandes de vol et l'état extérieur de la machine.
L'avènement des réacteurs n'a pas pris les MN au dépourvu. Ceux-ci participèrent de plus en plus à la conduite et au suivi du vol et de la trajectoire. Dans les années 1970 et 80 furent intégrés des modules d'acquisition de compétences en navigation, radiocommunication, propulsion, nouvelle instrumentation " glass cockpit ".
De nos jours, si le Commandant de bord assure seul la responsabilité du vol en exerçant son autorité sur le personnel de bord, le mécanicien navigant quant à lui intervient dans la préparation technique du vol (choix des routes, quantité de carburant...) et de l'avion (vérification et mise en œuvre des systèmes et circuits). Pendant le vol, il exerce ou renforce les fonctions pilotage, navigation, radiocommunication et technique. Le mécanicien navigant contribue enfin à assurer une gestion optimale du vol (sécurité, régularité...) et le confort des passagers.
Contrairement aux civils, les mécaniciens navigants militaires sont beaucoup plus sollicités pour les opérations au sol : chargement, déchargement, maintenance. Ils ont de toute façon prouvé leur capacité à s'adapter ; beaucoup de mécaniciens navigants militaires prenant très souvent le chemin des compagnies aériennes.La consistance du brevet et l'organisation de l'entraînement a évolué au fur et à mesure des progrès technologiques. Par ailleurs, Les mutations technologiques introduites par les constructeurs, pour certaines à la demande des compagnies, ont imposé depuis un certain nombre d'années la réduction des équipages.
Pour faire face aux nouvelles perspectives, les mécaniciens navigants et leurs représentants ont relevé le défi d'une adaptation en renforçant leur champ de connaissances. On parle donc aujourd'hui de l'ingénieur Navigant de l'aviation Civile (INAC ou IN) ayant les mêmes prérogatives que le MN. Au début du métier, les MN étaient issus des services d'entretien des armées de l'air ou des compagnies aériennes. Mais l'introduction de l'électronique a fait élargir le recrutement parmi d'autres catégories de professionnels. Actuellement, la base minimale du recrutement est le BTS ou le DUT technologique. Les compagnies prennent généralement en charge la formation. L'âge minimum est de 21 ans. Le candidat à la fonction de mécanicien navigant doit se soumettre à une visite médicale d'admission. L'anglais courant (lu, écrit, parlé) est exigé. Dans le système francophone, la formation se déroule au CIET (Centre d'instruction des Equipages de Transport) à Toulouse en France.
Pour le MN/IN, la disponibilité, l'irrégularité dans le temps des périodes de travail et de repos, les décalages horaires, la diversité des contextes climatique et géographique exigent un équilibre adapté à la vie de navigant. Cependant, ces exigences sont compensées par la découverte, les voyages et des souvenirs inoubliables des contrées lointaines.
La dé qualification et l'éloignement de l'équipage de la gestion en temps réel d'une partie des systèmes de l'avion du fait de l'automatisation croissante des avions et la réduction d'équipage subséquente, condamne la profession du MN/IN, sauf chez les militaires. Le dernier avion bénéficiant de la précieuse présence du mécanicien navigant est le Boeing 747-200 alors que tous les transports militaires (notamment le C130) continuent de l'utiliser.
Malgré des accords conclus dans certaines compagnies pour tenter une dernière adaptation du MN/IN comme renfort d'équipage, le foisonnement des compagnies à bas prix n'employant pas des MN, l'arrêt des vols commerciaux du Concorde, l'arrêt prévu des B747/200 et 300 (annoncé pour 2007/08 à Air France), sonnent la fin des avions support du métier et place les MN/IN au crépuscule de la profession.
Brice Okoumou