Airport Operations: central concern to the environment
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Le transport aérien est aujourd'hui confronté à deux grandes tendances : l'accroissement continu du trafic et les limites de la tolérance des populations riveraines vis-à-vis des problèmes de l'environnement.
II est vérifié que la croissance démographique et le développement urbain aboutissent inéluctablement à une dégradation de la nature Pour ce qui est des aéroports, les amènent à nous préoccuper surtout du bruit des aéronefs, des émissions de leurs moteurs, de la contamination du sol et de l'eau, ainsi que de la gestion des résidus.
Les problèmes de bruit
Pendant la dernière décennie, de grands progrès ont été faits dans la réduction du bruit au voisinage de nombreux aéroports. Mais, Les indices du moment donnent à penser qu'en retirant du service les avions bruyants, on n'a pas complètement résolu le problème de bruit. Cela parce que du fait de la croissance du trafic, les niveaux de bruit aux alentours de nombreux aéroports augmentent au jour le jour. Pour les gestionnaires des aéroports, le bruit revêt souvent un aspect politique. Les mouvements écologistes, les associations des riverains et des collectivité"s locales militent en faveur de la réduction de l'activité des plates formes, pour réduire le bruit au voisinage de celles-ci. Dans certains aéroports des pays occidentaux, la pression politique de ces mouvements a commencé à donner lieu à une taxation des aéroports.
Etant donné les limitations plus rigoureuses dont les niveaux d'exposition au bruit feront probablement l'objet, la croissance future du trafic dépendra surtout d'une combinaison de nouvelles réductions du bruit à la source grâce à des améliorations technologiques, de l'adoption de nouvelles stratégies d'exploitation pour les approches et les départs des avions et d'une planification plus stricte du zonage.
Par exemple, une fois les nuisances installées, des restrictions d'usage peuvent être envisagées sur un aéroport à savoir :
Instaurer un couvre-feu pour les avions les plus bruyants ou pour tous les aéronefs, comme c'est le cas à l'aéroport de Orly, où règne un couvre-feu nocturne total ;
Imposer des procédures spécifiques aux avions les plus bruyants ou à l'ensemble des aéronefs, comme c'est le cas à l'aéroport international de Douala, où une procédure anti-bruit est en vigueur. Cette procédure qui impose le sens de décollage et d'atterrissage des aéronefs à partir de 20 heures, permet d'éviter le survol à basse altitude des quartiers résidentiels. Aussi, un plan d'exposition au bruit pourrait être établi. Il s'agit ici de maîtriser l'urbanisme et de trouver les moyens de ne pas peupler davantage les zones qui sont ou qui seront à terme soumises au bruit. Le plan consistera à définir une zone de bruit autour de chaque aéroport en fonction du trafic prévu à long terme. Dans cette zone, les construcions seront interdites. Par exemple, les autorités compétentes devraient refuser de délivrer les permis de construire pour un projet situé dans la zone aéroportuaire de Yaoundé-Nsimalen. Ceci afin d'éviter l'occupation anarchique par la population de ladite zone, comme c'est le cas actuellement à l'aéroport de Douala.
En matière de planification, l'environnement doit être pris en compte le plus en amont possible au moment où l'on prévoit de nouvelles infrastructures aéroportuaires. C'est l'un des objectifs des autorités de l'aviation civile. Il conviendrait d'introduire une concertation toujours le plus en amont possible, d'essayer de dialoguer à la fois avec les autres ministères, les élus, les associations des riverains.
Emissions des moteurs
Une autre raison de se montrer soucieux à propos de l'environnement autour des aéroports, est la pollution de l'air. Aujourd'hui, la contribution de l'ensemble du transport aérien à la pollution atmosphérique est estimée à 5 %, ce qui est assez peu. Cet avantage relatif ne peut cependant pas durer longtemps, car des mesures antipollution de plus en plus rigoureuses ont pour effet de réduire la part des autres modes de transport, notamment de la circulation routière.
Sur le côté piste d'un aéroport, les émissions peuvent provenir des aéronefs, des véhicules terrestres et des groupes auxiliaires de puissances. Aux alentours, les émissions peuvent être celles du trafic routier, de l'industrie, de l'agriculture etc.
De nombreux aéroports tirent aujourd'hui parti de diverses possibilités de diminution des émissions polluantes. Notons en particulier au côté piste, des tactiques telles que l'optimisation des réseaux de voies de circulation afin de réduire la consommation en carburant, le recours plus fréquent au remorquage des avions, le remplacement des groupes auxiliaires de puissance par des systèmes fixes, l'emploi de véhicules électriques ou propulsés par des carburants écologiques et l'amélioration de la préparation des départs des avions.
Contamination du sol et de l'eau
Aux problèmes de plus en plus nombreux de la tolérance environnementale, vient s'ajouter lerisque de contamination imputable aux activités qui, dans un aéroport, sont de nature à polluer le sol et l'eau. Les exploitants d'aéronefs peuvent être tenus pour responsables de la contamination par les déversements d'hydrocarbures et de produits chimiques d'entretien. Les activités et les installations les plus à redouter à cet égard sont les réservoirs de stockage souterrain, le ravitaillement en carburant, le traitement des déchets, l'épandage des herbicides et des pesticides, la maintenance des aéronefs et des véhicules, le marquage des pistes et voies de circulation, les installations de peinture des aéronefs, des exercices de lutte contre l'incendie.
La plupart des responsables d'aéronefs s'efforcent aujourd'hui de s'occuper du nettoyage nécessaire des zones contaminées par suite des activités. Cependant, ils deviennent de plus en plus conscients qu'on pourra dorénavant le faire à moindre coût par un système de canalisation qui amènerait l'eau contaminée à une station d'épuration ultramoderne.
Gestion des déchets
La gestion des déchets est un autre aspect de plus en plus important de la protection de l'en-vironnement. La croissance du trafic aérien s'accompagne inévitablement d'une augmentation du volume des déchets. On a jusqu'alors prêté peu d'attention aux dispositions prises dans les aéroports quant à l'enlèvement, au recyclage, au transport et au traitement des déchets. En règle générale, il faudra détenniner si leur gestion incombe aux entreprises de l'aéroport ou si elle doit être coordonnée, voire effectuée par l'administration de ce dernier au titre des services qu'elle se fait rembourser.
En raison du nombre d'intervenants, toute politique de gestion des résidus nécessitera une coopération très étroite entre les aéroports, les transporteurs aériens, les diverses entreprises dont l'activité est liée à celle de l'aéroport et les autorités gouvernementales.
Dans un grand nombre d'aéroports, l'on a commencé à mettre en ceuvre des programmes simples de recyclage du papier, des emballages métalliques, des bouteilles et du carton ; mais il faudra pendant les prochaines années, s'attacher à y produire moins de déchets et, à cet effet, augmenter la production de contenants recyclables. A l'avenir, les aéroports devront donner l'exemple en matière d'élaboration et de mise en oeuvre des modalités de gestion des déchets. Il faudra encourager toutes les entreprises de l'aéroport à coopérer à l'adoption de moyens plus économiques et plus efficaces de traitement de ces déchets.
Bien que les pays africains en général et le Cameroun en particulier ne soient pas touchés au même degré que les pays occidentaux par le problème de l'environnement, le moment est venu de penser sérieusement à cette difficulté. Par expérience, il faut toujours mieux s'occuper d'un problème à incidence écologique en le prévenant plutôt qu'en s'efforçant de lui porter remède.
Augustin Désiré KAMAJOU
Ingenieur en chef de l'aviation